Lorsque l’on est identifié-e comme personne vivant avec le VIH, usagère de drogues, étrangère, trans, etc., les expériences de discriminations sont une réalité qui affecte tous les domaines de l’existence. Les discriminations à l’encontre des personnes concernées par le VIH et les hépatites hypothèquent leur avenir en suscitant la peur : peur de se présenter à un entretien d’embauche, peur d’évoquer son statut sérologique, peur de consulter un médecin, peur de faire valoir ses droits. Les discriminations abîment les liens sociaux. Elles minent les esprits comme les corps. En éloignant du soin et en fragilisant les conditions de vie, en entretenant les attitudes de rejet, les législations discriminantes et les règlements injustes affectent directement la santé des personnes.

Pour l’édition 2016 du rapport VIH/hépatites, la face cachée des discriminations, nous continuons notre collaboration avec le Défenseur des droits. La poursuite de cet engagement dans la lutte contre les discriminations et les exclusions est la preuve qu’il faut se mobiliser à tous les échelons de la société.
Dans ce rapport, AIDES révèle diverses formes de discriminations et d’entraves dans l’accès aux droits ou à la santé pour les personnes concernées par le VIH et les hépatites. Nous exposons également les combats et stratégies mis en place par AIDES et ses partenaires pour faire évoluer les représentations, les pratiques et le droit.
Cette synthèse se focalise en grande partie sur les résultats édifiants de l’enquête menée en 2016 auprès de 1 080 personnes qui fréquentent les actions de AIDES. Parmi les personnes séropositives au VIH et/ou aux hépatites, 30 % ont déclaré avoir subi des discriminations au cours de l’année écoulée. Près de la moitié d’entre elles ont fait l’objet de rejets dans leur vie sexuelle, affective ou familiale, et près d’un quart ont été discriminées dans le milieu médical.
La précarité ressort également comme une source majeure de discriminations. En 2016, la précarité sociale s’ajoute à la liste de critères prohibés comme l’état de santé, l’orientation sexuelle, l’origine, etc. Ces phénomènes de discrimination sont reconnus légalement, c’est une condition indispensable pour qu’ils soient observés, quantifiés, visibilisés et par suite, combattus. Pour autant, s’ils existent, c’est qu’une institution, une législation ou un groupe les tolère, voire les encourage.

Nous nous devons de protéger et d’accompagner les plus vulnérables. C’est pourquoi, AIDES travaille à changer les représentations, à lutter contre les préjugés et à faire évoluer le droit, afin que la société progresse en faveur de l’égalité de traitement pour toutes et tous.