Conor Asleigh-Inshu
Halte soins addictions : une expérimentation en mode surdose
Et voilà ! Un nouveau délai pour l’expérimentation des haltes soins addictions (HSA) a été décidé par le gouvernement. La nouvelle échéance a été fixée à décembre 2027. Cette décision a été prise sur le fil – l’échéance précédente prenait fin au 31 décembre 2025 – par arrêté ministériel. Initialement, l’expérimentation devrait prendre fin en 2022. Depuis, elle est repoussée (éternellement ?) alors que des rapports officiels démontrent la pertinence de cette approche. Un nouveau rapport vient d’ailleurs de le faire, une nouvelle fois. Pourquoi cela bloque-t-il et que dit ce nouveau rapport ?
Un jour sans fin
« Combien de temps peut durer une expérimentation avant que les autorités ne prennent enfin une décision ? Plus de dix ans apparemment, en tout cas s’agissant d’un sujet épineux comme les salles de consommation à moindre risque (SCMR) », ironisait, fin décembre, le journaliste Quentin Haroche, dans un article titré : « L’expérimentation des salles de shoot prolongée de deux ans », publié sur le site JIM (Journal international de médecine).
Des salles créées en 2016
Le principe des salles de consommation à moindre risque (SCMR, devenues par la suite HSA) a été entériné par la loi de loi de 2016 qui les avait autorisées. Cette même loi avait fixé la durée de l’expérimentation concernant ces salles à six ans à compter de l’ouverture des deux premières structures, l’une à Paris à l’hôpital Lariboisière gérée par l’association Gaïa, l’autre à Strasbourg gérée par l’association Ithaque. Conformément au texte, cette expérimentation aurait dû prendre fin en 2022, soit un délai plus que raisonnable. Finalement, une nouvelle phase d’expérimentation avait été décidée. Elle devait prendre fin en décembre 2025. Au total, nous étions alors à huit ans d’expérimentation. Finalement, en application de la dernière loi de financement de la Sécurité Sociale (LFSS pour 2026), le gouvernement a publié, fin décembre, un arrêté prolongeant l’expérimentation des « haltes soins addictions » (HSA), jusqu’au 31 décembre 2027.
Une décision était attendue depuis des mois de la part des professionnels-les de santé, des acteurs-rices de la RDR et des personnes usagères de ces dispositifs. Faute d’une décision de prolongation au 31 décembre 2025, les deux HSA existantes auraient été contraintes d’arrêter leurs activités et tous les nouveaux projets d’HSA dans d’autres villes SAHSA(déjà à la peine) auraient été annulés pour un long moment. De surcroît, l’objectif d’une pérennisation de cet outil clef de la RDR s’éloignait durablement. Mais pourquoi ne pas avancer et se cantonner, une nouvelle fois, à prolonger l’expérimentation ?
