La « guerre contre la drogue » menée depuis trois ans par le gouvernement cambodgien engendre une vague croissante d’atteintes aux droits humains, remplit dangereusement les centres de détention et se traduit par une situation sanitaire très inquiétante – davantage encore depuis l’arrivée de la pandémie de COVID-19 – lors même qu’elle n’atteint pas son objectif déclaré de faire baisser la consommation de drogue, révèle Amnesty International dans le nouveau rapport d’enquête qu’elle publie le 13 mai 2020.

Ce rapport de 78 pages, intitulé Substance abuses: The human cost of Cambodia’s anti-drug campaign, révèle que les autorités s’en prennent aux personnes pauvres et marginalisées, procédant à des arrestations arbitraires, soumettant régulièrement des suspects à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements, et enfermant ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter leur liberté dans des prisons où la surpopulation est un fléau et dans des « centres de réadaptation » où ils sont privés de soins médicaux et soumis à de graves atteintes aux droits humains.

« La " guerre contre la drogue " au Cambodge est un désastre sur toute la ligne : elle repose sur des violations systématiques des droits humains et offre une flopée d’opportunités aux représentants du système judiciaire corrompus et mal payés, tout en n’apportant pas d’amélioration en termes de santé publique et de sécurité », a déclaré Nicholas Bequelin, directeur régional à Amnesty International.