Par Nicolas Charpentier - David Michels - Jean Pasteur

Dimanche 28 avril, s'est ouvert à Porto la Conférence internationale sur la réduction des risques liés à l’usage de drogues (RDR) : HR19. Pour cette 26édition, c’est le Portugal qui reçoit à domicile la communauté internationale de la réduction des risques, comme en commémoration d’une politique nationale qui a décrété la décriminalisation des personnes usagères de drogues depuis la fin des années 1990. Commémoration peut-être, volonté de faire exemple sûrement et nous y reviendrons. Le Maire de Porto a en tout cas saisi l’occasion lors de la cérémonie d’ouverture pour annoncer la création prochaine d’une salle de consommation à moindre risque dans sa ville.

Cette 26conférence rassemble un millier de personnes et inaugure quatre jours de plaidoyer en faveur de la réduction des risques liés à l’usage de drogues, autrement dit en faveur d’une approche centrée sur la santé des personnes usagères et le respect des droits humains. La directrice de la conférence, Naomi Burke-Shyne (directrice exécutive de Harm reduction international), rappelle comme une nécessité que la réduction des risques ça marche et ce sont maintenant plusieurs dizaines d’années de démonstration scientifique de son efficacité qui s’accumulent. Et pourtant, Michelle Bachelet, haut-commissaire aux Nations unies pour les droits humains, déplore que les pays mettant en œuvre ces principes, comme ceux permettant l’accès aux produits de substitution, sont encore trop peu nombreux. C’est lors de la cérémonie d’ouverture que l’ancienne présidente du Chili a fait part de ces situations qui ne sont plus acceptables en l’état de nos connaissances et des expériences acquises. Comment accepter que de par le monde un nombre aussi signifiant de personnes emprisonnées le sont pour un motif ayant trait aux drogues et bien souvent du seul fait de leur propre consommation ? Cette première journée place d’emblée cette conférence sous le signe de la décriminalisation des personnes usagères de drogues et ce dans une logique de santé mondiale. La majorité des politiques des drogues dans le monde (des politiques disons-le répressives) sont en complète opposition avec les principes de respect des droits humains. Le Dr Ricardo Baptista Leite, parlementaire portugais et président de Unite(un réseau mondial de parlementaires engagés-es contre les épidémies de VIH, hépatites et autres maladies infectieuses) présente le modèle de financement de la réduction des risques comme insoutenable dans l’état des priorités actuelles des États ; ce qu’il faut précise-t-il, c’est basculer les crédits de la justice (ou disons de la répression) vers la santé.