Par Addiction Suisse

La crise sanitaire et ses répercussions socio-économiques renforcent les motifs de consommation susceptibles de devenir problématiques – l’usage pour fuir le stress, p. ex. – et entraînent l’apparition de nouveaux groupes à risque. Outre la population en général, le personnel des services d’urgence ou des transports publics et de la vente sont particulièrement concernés. Les personnes qui ont subi un traumatisme, par exemple celles qui ont été gravement malades et leurs proches, sont également exposées à un stress important. Toutes ces personnes ont un risque accru de perdre le contrôle de leur consommation d’alcool, de drogues ou de médicaments. Or, lorsque la consommation devient problématique, elle est souvent passée sous silence. Addiction Suisse entend briser le tabou et exhorte les personnes touchées, les proches et les employeurs à chercher de l’aide sans tarder.

Nous vivons des temps exceptionnels. De nombreuses personnes ont été et sont encore exposées à un stress et à des traumatismes aussi inhabituels qu’extrêmes. À court terme, certaines se tournent vers l’alcool, les drogues ou les médicaments pour fuir les soucis et le stress. Loin de trouver des solutions à leurs difficultés, elles risquent des problèmes supplémentaires. En cas de perte de contrôle – que l’on soit soi-même concerné ou que cela touche un proche ou un collègue de travail –, il est essentiel de chercher de l’aide. Une telle démarche n’est pas un signe de faiblesse, elle demande au contraire du courage. Se faire aider est fondamental en situation de crise pour limiter les conséquences négatives à long terme de la pandémie.

Les effets de la pandémie sur les comportements qui peuvent engendrer une addiction se feront certainement sentir encore longtemps. Il convient d’intensifier la recherche pour pouvoir chiffrer les conséquences de la crise sanitaire. Pour les spécialistes, une chose est sûre : le coronavirus expose les personnes qui avaient déjà du mal à garder le contrôle de leur consommation de substances psychotropes, du jeu d’argent ou de leurs activités en ligne à des risques supplémentaires. La pandémie favorise en effet la consommation pour échapper aux soucis quotidiens ou au stress, ce qui peut conduire à un usage problématique, voire à une dépendance.