Par Melanie Wollschläger, ValueQuest GmbH et Dominique Schori, Infodrog 

Depuis 2012, les consommateurs récréatifs de drogues de toutes les régions linguistiques de Suisse sont interrogés sur leur consommation de substances psychoactives. Sur la base d'un questionnaire, qui sert de guide aux professionnels lors des consultations brèves, des données sociodémographiques (âge, sexe, formation, situation professionnelle) ainsi que des données sur la consommation de substances psychoactives et les problèmes qui en découlent sont collectées. Le questionnaire est utilisé aussi bien lors d’interventions mobiles que dans les services ambulatoires qui proposent un drug checking. De plus, une version en ligne du questionnaire est disponible sur les sites Internet traitant de cette thématique. 

Ces données sont basées sur un questionnaire autosélectif des consommateurs récréatifs de drogues. Elles ne sont donc pas représentatives et ne permettent pas de formuler des tendances sur la prévalence de consommation des différentes substances dans l’ensemble de la population. Comme on pouvait s'y attendre, la prévalence de consommation des substances psychoactives chez les personnes interrogées est nettement plus élevée que dans la population générale, car le questionnaire et les offres correspondantes se concentrent sur le groupe des personnes qui consomment effectivement des substances psychoactives. 

Grâce à une approche axée sur la réalité des services spécialisés et des différents projets, les données offrent cependant un accès exclusif à un groupe de consommateurs très difficile à atteindre pour d’autres offres de prévention et de réduction des risques. Ce groupe se caractérise par une consommation souvent cachée, ne présente pas de problèmes particuliers ou n’a pas conscience d’un problème en lien avec sa consommation et par un comportement en partie nocif pour la santé, sans que les symptômes types d’une addiction soient présents. Grâce au positionnement des collaborateurs des services spécialisés, orienté vers l’acceptation, le risque de biais lié à des réponses erronées qui seraient données en fonction des attentes de la société est faible. 

Les données permettent donc de décrire en détail le groupe des consommateurs récréatifs de drogues et leurs modèles de consommation. Les nouvelles dynamiques dans ce groupe (p.ex. la modification d’un modèle de consommation ou des problèmes) peuvent ainsi être repérées de manière précoce. Pour les collaborateurs, le questionnaire sert d'instrument d'évaluation des risques, d'outil de réflexion sur la consommation et de repérage précoce des modèles de consommation problématiques ou des comportements à risque.