Le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants a ajouté sa voix à la liste croissante d'experts en santé et d'instances des droits de la personne qui prônent un virage recommandé depuis longtemps par le Réseau juridique : la mise en œuvre de programmes de seringues en prison (PSP). De fait, nous étions parmi les invités à une réunion d'experts organisée par le Rapporteur spécial, l'an dernier, pour examiner comment renforcer la version actuelle de l'Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus.

À la lumière de cette réunion, le plus récent rapport (voir "Latest reports") du Rapporteur spécial à l'Assemblée générale des Nations Unies met en relief la vulnérabilité particulière à la maltraitance dans la détention des personnes vivant avec le VIH, des personnes qui font usage de drogue, des femmes, des travailleuses et travailleurs du sexe ainsi que des personnes LGBT. Il réaffirme que les soins de santé dans les prisons devraient être équivalents à ceux offerts dans la communauté, et va jusqu'à dire que les nouvelles règles onusiennes sur les prisons devraient obliger les États à:

« donner à toutes personnes consommatrices de drogues privées de liberté ... à tous les stades de leur détention ... [l'accès] à tous les dispositifs de réduction des risques, notamment ...  tous programmes d'échange d'aiguilles et de seringues ainsi qu'à tous services de traitement de la toxicomanie qui ont fait leurs preuves. »

Le Rapporteur spécial a également réitéré son inquiétude (d'un rapport précédent) devant la pratique de certains milieux de suspendre la provision de méthadone ou d'autres traitements de la toxicomanie, comme technique d'interrogation.

Ce plus récent rapport constitue un pas considérable en avant dans la reconnaissance internationale des droits des détenus et des personnes qui consomment des drogues. Néanmoins, le gouvernement canadien continue de s'opposer à des services de réduction des méfaits dont  l'efficacité a été scientifiquement prouvée, et il s'active même à les dénigrer sur la scène internationale. Une attitude aussi récalcitrante ne peut que démontrer le bien-fondé de notre action en justice pour obtenir la mise en œuvre de programmes de seringues dans les prisons fédérales, de même que la nécessité que nous honorions notre engagement international alors que les États membres des Nations Unies amorcent un examen mondial des politiques en matière de drogue, qui durera deux ans. 

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