La série d’ateliers thématiques « Décloisonner la gestion des drogues : vers une approche axée sur le développement » se prolonge avec ce cinquième rendez-vous qui propose un aperçu des réalités et défis pluriels de l’économie illicite des drogues traversant les pays francophones du continent africain.

La place du continent africain dans l’économie illicite des drogues a fortement évolué. Outre la production et le trafic de cannabis au nord, les transformations des routes du trafic transnational de la cocaïne par l’ouest, et de l’héroïne par l’est ont eu pour effet d’exacerber violences et criminalité, et de confondre, dans certains cas, les frontières entre acteurs de conflit, d’instabilités et du trafic. Malgré des données limitées, de nouveaux éléments soulignent que si le trafic de drogue et la manne financière en découlant alimentent des vulnérabilités structurelles déjà existante comme au Mali ou en Guinée Bissau, « le problème africain des drogues » affecte aussi plus largement la santé publique des sociétés africaines comme en Tanzanie, au Kenya, au Sénégal ou en Côte d’Ivoire (WACD 2014). Ces intersections sont autant de nouvelles problématiques déstabilisant davantage les sociétés africaines, et contraignant plus avant l’action des acteurs gouvernementaux, locaux et partenaires de ces dernières, dans des contextes d’interventions manquant souvent de ressources suffisantes et adéquates. Elles interrogent en outre les modalités et référentiels d’action à privilégier dans le domaine de la coopération au développement, dont la France est un acteur de premier plan, au-delà des agendas traditionnels sur les conflits, la fragilité ou l’appui structurel.

A partir de travaux d’observations de terrains et d’exemples d’initiatives politiques en cours, ce cinquième atelier propose quelques pistes pour démêler ces intersections traversant plusieurs pays francophones d’Afrique. Organisé en coopération avec la plateforme de réflexion Drug and Development Hub, il ambitionne ainsi d’explorer les défis intersectionnels posés par les drogues dans des situations de faible développement et de conflit, et les contraintes supplémentaires que ces nouvelles réalités posent à la coopération internationale pour le développement et en matière de drogues. Comme les précédentes discussions, ce rendez-vous sera tenu sous la Chatham House rule.


Programme prévisionnel

Modération : Déborah Alimi, Université Panthéon Sorbonne Paris 1/Daleth research

Un continent sous pression : une économie des drogues en voie de pérennisation ?

Répondre à un défi régional : la stratégie de l’Union Africaine

Avancer une approche des drogues axée sur le développement dans des situations de conflits : retour d’expériences de Colombie et opportunités pour les contextes africains.
• Miguel Ortega, Global Partnership on Drug Policies and Development

Evolutions des usages et des marchés au Sahel : quels risques pour la région ?
• Alice Fereday, experte, Global Initiative on Transnational Organized Crime Discussion : quelles contraintes supplémentaires pose l’économie illicite des drogues aux sociétés affectées ? Comment

Discussion : quelles contraintes supplémentaires pose l’économie illicite des drogues aux sociétés affectées ? Comment répondre aux défis émergents en prenant en compte des situations de vulnérabilités structurelles et/ou d’instabilités ?

Etudes de cas : Intersectionnalités et économie des drogues

• La construction socio-économique de la production de cannabis au Maroc : la place des femmes
o Dr.Kenza Afsahi, sociologue, Centre Émile Durkheim, Université de Bordeaux

• Sénégal - La médicalisation d’une déviance sociale au Sénégal
o Dr. Albert Gautier Ndione, maitre de conférences, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal

Discussion : Quelles pistes de recherche à approfondir ? Comment mieux prendre en compte ces intersectionnalités dans la réflexion politique ?