Par Penal Reform International

À l'approche du 10e anniversaire de l'adoption des Règles de Bangkok, nous, soussignés, exprimons notre inquiétude face à l'augmentation de la population carcérale féminine mondiale d'environ 100 000 personnes depuis l'adoption des Règles – qui visent à réduire l'emprisonnement des femmes –, ainsi qu’à la discrimination et aux abus dont les femmes continuent de faire l'objet au sein des systèmes de justice pénale. 

Le nombre de femmes en prison augmente à un rythme alarmant, alors même que celles-ci sont plus généralement condamnées pour des infractions non violentes et de moindre gravité. Les femmes sont touchées de manière disproportionnée par les politiques punitives relatives aux stupéfiants. Elles commettent souvent des crimes liés à la pauvreté, dans le but d’assurer leur survie et celle de leur famille. Nombre d'entre elles se retrouvent en prison en conséquence directe de multiples discriminations. 

En tant que minorité au sein des prisons, les femmes, représentant en moyenne 2 à 9 % des populations carcérales nationales, n'ont souvent pas accès aux programmes et services de soutien à la réhabilitation qui correspondent à leurs besoins et caractéristiques spécifiques. Il existe également une crise de santé mentale chez les femmes en prison – puisque jusqu'à 80 % d'entre elles vivent avec une maladie mentale identifiable –, aggravée par les mesures liées à la prévention et à la lutte contre la propagation de la COVID-19. 

Les femmes du monde entier continuent d’être confrontées, en détention, à des menaces envers leur dignité et leur humanité. Elles n’ont souvent pas accès à des soins de santé adéquats et sont particulièrement exposées aux agressions sexuelles et humiliations. Dans certains pays, les femmes sont attachées pendant le travail et l’accouchement ou placées à l'isolement lorsqu'elles sont enceintes ou qu'elles s'occupent d'un enfant en bas âge.