Parmi les quinze centres d'accueil de soins et d'orientation de l'association, celui de la région parisienne est le plus fréquenté. Submergés, médecins et bénévoles se relaient sans relâche pour faire face à l'urgence de la grande misère des femmes enceintes à la rue, des étrangers sans papiers, des SDF, des retraités désargentés…

Longtemps, ce quartier de Saint-Denis, dans le 93, a abrité un vaste bidonville. Désormais, des immeubles modernes bardés de larges balcons côtoient des espaces verts bien entretenus. Dans la cour d'un bâtiment de deux étages, à l'écart de la rue, se trouve le Centre d'accueil, de soins et d'orientation de Médecins du Monde, le «Caso». Dans un contexte migratoire inédit, alors que les hôpitaux sont en souffrance et que les droits d'accès aux soins des plus démunis sont souvent remis en cause, l'association n'a jamais autant œuvré.

Ce matin-là, une trentaine de personnes font le pied de grue devant les portes closes dans l'espoir de voir un médecin. Des hommes jeunes surtout, mais aussi quelques femmes seules ou accompagnées d'un enfant. Certains attendent depuis près de deux heures dans le froid de ce matin d'hiver. À 9 heures, les portes s'ouvrent. Dans une ambiance étonnamment calme, chacun prend place dans une salle éclairée par une lumière blafarde. «Aujourd'hui, c'est tranquille, constate Adeline Grippon, ...