Les salles de consommation à moindre risque, l’affaire uniquement des usagers de drogues ? Loin de là : ces dispositifs, encore inexistants en Belgique mais présents dans tous ses pays limitrophes, concernent tous les professionnels du social / santé. Les salles de consommation à moindre risque (SCMR) permettent de réduire les inégalités et de renforcer la santé. Un Jeudi de l’Hémicycle sera consacré à la question au Parlement francophone bruxellois le 29 mars prochain.

On le sait, les inégalités sont de plus en plus criantes, qu’elles soient économiques, sociales, de santé, etc. Chaque jour, des milliers de professionnels du social / santé tentent de les réduire, et diminuer la portée des désaffiliations, des chutes et des drames sociaux. Et pourtant, il y a encore des publics qui passent sous le radar, et qui ne sont en connexion avec presque aucun dispositif du social / santé ; c’est notamment le cas des usagers de drogues les plus désinsérés.

On le sait, seule une petite partie de ces personnes entrent en contact avec les services de première ligne, les comptoirs d’échange de seringues, les centres de crise ou encore les dispositifs à bas seuil d’accès. Parfois, les dispositifs à (très) bas seuil ont encore un seuil trop élevé. Souvent, les services de première ligne ont les plus grandes difficultés à accueillir un public largement désaffilié. Toujours, les comptoirs d’échange de seringues sont limités dans leur action, car n’étant légalement habilités qu’à la distribution de matériel de réduction des risques.

Le paradoxe est entier : les comptoirs d’échange de seringues ont pour mission de distribuer du matériel stérile d’injections, et ce notamment pour réduire les risques liés au sida, à l’hépatite C et à des infections diverses. C’est au bénéfice des usagers de drogues mais aussi de la société toute entière, puisque ils aident à la contention de virus et réduisent l’importance de diverses infections. Vous et moi en bénéficions, au-delà des usagers de drogues.