Par Maria-Goretti Ane-Loglo (IDPC) et Charity Monareng (TB/HIV Care)

En 2015, les États membres des Nations Unies ont adopté le Programme de développement durable à l’horizon 2030, qui fournit une proposition partagée pour la paix et la prospérité pour les peuples et le monde en général. Au coeur de cet agenda figurent 17 objectifs de développement durable (ODD) appelant à une action urgente de tous les pays dans le cadre d’une coopération mondiale. Les gouvernements du monde ont reconnu que mettre fin à la pauvreté et à d’autres privations doit aller de pair avec des stratégies qui améliorent la santé et l’éducation, réduisent les inégalités, protègent la planète et stimulent la croissance économique.

Avec moins d’une décennie avant la date butoir de 2030, il est impératif de faire le point sur le chemin parcouru par l’Afrique vers la réalisation des ODD et ce qui reste à faire. Pourtant, très peu d’attention est accordée à la réforme des politiques en matière de drogues en Afrique, ce qui est particulièrement important, car le contrôle mondial des drogues est un problème de développement transversal qui a un impact et entrave de nombreux ODD. Les États membres devraient au moins rendre compte sur la cible ODD 3.5 et ses indicateurs qui sont directement liés à la consommation de drogues et au traitement. Cependant, au cours des cinq dernières années, les gouvernements africains n’ont pas inclus d’indicateurs ou d’objectifs liés aux drogues dans leurs rapports.

Ce document comprend trois parties:

  • La première partie montre en quoi la réforme des politiques en matière de drogues est un enjeu de développement durable.
  • La deuxième partie fournit ensuite les résultats d’une revue documentaire des déclarations des pays africains lors des forums politiques de haut niveau sur le développement durable (FPHN) à New York :5 les 7-16 juillet 2020 et 6-15 juillet 2021.
  • Enfin, la partie 3 met l’emphase sur le contraste entre l’échec des gouvernements à mentionner les drogues dans ces déclarations, et ce qui se passe réellement au niveau national, sur la base d’un examen rapide par le réseau IDPC de la région.