Au cours de ces dernières années, un nombre croissant de parties prenantes au niveau national et international, notamment des défenseurs des droits de l’homme et des responsables de l’élaboration des politiques, a demandé des indicateurs qui puissent être utilisés dans les évaluations des droits de l’homme et le renforcement de la mise en œuvre et de la réalisation des droits de l’homme. Cette publication tente de répondre à cette demande en élaborant une ressource de référence et des outils opérationnels, notamment une approche visant à identifier les indicateurs qualitatifs et quantitatifs, ainsi que la méthodologie correspondante, et à promouvoir des évaluations des droits de l’homme objectives et complètes.

Sur un plan général, l’idée de mesurer les droits de l’homme s’inspire de la réflexion – jadis bien résumée par l’éminent théoricien et praticien du développement J.K. Galbraith – selon laquelle: « si ce n’est pas compté, cela a tendance à passer inaperçu. » Sur un autre plan et dans un contexte différent, il est possible d’aller plus loin et de suggérer: « ce qui peut être mesuré peut être fait. » L’élément essentiel de cette réflexion est la reconnaissance du fait que pour gérer un processus de changement visant à atteindre certains objectifs socialement souhaitables, il est nécessaire de définir des cibles qui correspondent à ces objectifs, de mobiliser les moyens indispensables et d’identifier les instruments et les mécanismes politiques en mesure de traduire ces moyens en résultats concrets. En d’autres termes, il est nécessaire de disposer d’informations appropriées, par exemple sous forme de statistiques, d’indicateurs ou même d’indices, si l’on veut entreprendre une analyse de la situation, éclairer l’élaboration des politiques publiques, suivre les progrès réalisés et mesurer les performances et les résultats globaux.

L’utilisation d’indicateurs peut contribuer à rendre nos communications plus concrètes et plus efficaces. Compiler des indicateurs permet d’enregistrer les informations de façon efficace et ceci a des effets positifs sur la surveillance et le suivi des problèmes et des résultats. Des indicateurs clairement définis permettent au public de mieux comprendre les contraintes et les avantages comparés des différentes politiques, et contribuent à dégager un plus large consensus sur les priorités sociales. Plus important encore, si elles sont utilisées de façon appropriée, les informations et les statistiques peuvent constituer de puissants outils d’instauration d’une culture de la responsabilité et de la transparence dans la poursuite d’un progrès socialement valorisé.

Dans toutes ces applications, il est nécessaire de configurer et d’adapter les indicateurs conformément aux objectifs spécifiques qu’ils sont censés servir de façon à exploiter les promesses dont ils sont porteurs. Pour qu’il soit possible de tirer pleinement parti d’un indicateur, il faut qu’il soit robuste d’un point de vue conceptuel et validé empiriquement, qu’il repose sur une solide méthodologie de collecte et de traitement des données et qu’il soit adapté au contexte dans lequel il est utilisé.