Cannabis au Québec : un modèle de régulation riche en enseignements

Lëa-Kim Châteauneuf - Wikimedia Commons - CC BY-SA 4.0

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Cannabis au Québec : un modèle de régulation riche en enseignements

12 février 2026

En 2018, le Canada a légalisé le cannabis tout en laissant aux provinces le soin d’en définir les modalités. Le Québec a fait le choix d’un modèle particulièrement encadré, fondé sur un monopole d’État et des objectifs de santé publique. Bien qu’encore perfectible, ce choix a aidé à normaliser les discours de prévention tout en contribuant à une baisse globale de la consommation. Sandhia Vadlamudy, directrice de l’Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ) revient sur les effets de la légalisation, ses limites et les enseignements à tirer pour l’avenir.

Fédération Addiction : Au Canada, le gouvernement fédéral a légalisé le cannabis en 2018 tout en laissant à chaque province le soin d’en déterminer les modalités. Quel modèle a choisi le gouvernement québécois ?

Sandhia Vadlamudy : Au Québec, le cannabis est commercialisé exclusivement via une société d’État, la SQDC (Société québécoise du cannabis). C’est assez particulier parce que dans d’autres provinces on a choisi soit de laisser complètement la place au marché privé, soit d’avoir une espèce d’hybride, avec une société d’État intégrée à celle qui vend l’alcool et aussi quelques boutiques privées.

Au Québec, la société d’État a adopté une approche basée sur la discrétion : pas de marketing, pas de produits jugés attrayants pour les jeunes, pas de confiseries, pas de chocolat, pas de saveurs attirantes. Donc on a une approche très santé publique, avec plus de limitations.

Fédération Addiction : Quelles sont ces limitations ?

Sandhia : Le taux de THC est plus limité qu’ailleurs : ici, c’est 30 %. La cultivation de plants de cannabis est également interdite, alors qu’elle est autorisée dans d’autres provinces. Mais une différence marquante, c’est surtout l’âge légal. Au Québec, pour pouvoir acheter du cannabis, il faut avoir 21 ans et plus, alors que pour tout autre chose — comme voter ou acheter de l’alcool — c’est 18 ans. Cela a été justifié par des dommages au cerveau, des risques de psychoses, et on avait même songé à retarder jusqu’à 25 ans.

Profils associés

  • Sandhia Vadlamudy
  • Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ)