Des associations interpellent le gouvernement concernant la position de la France sur les drogues et les droits humains à l’ONU

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Des associations interpellent le gouvernement concernant la position de la France sur les drogues et les droits humains à l’ONU

10 mars 2024
Benjamin Tubiana-Rey

Si, historiquement, les traités internationaux régissant les politiques des drogues sont basés avant tout sur une vision répressive, de plus en plus de voix — venant d'ONG mais aussi d'États et d'organismes internationaux — s'élèvent pour dénoncer les conséquences néfastes de la répression des consommateurs, tant pour la santé que les droits humains. C'est notamment le cas du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme qui a rendu l'an dernier un rapport critique envers les politiques répressives et appelant à dépénaliser les consommations. Pourtant, la France quand elle s'exprime dans les instances internationales, continue d'ignorer ces avancées. Plusieurs associations interpellent le ministre des Affaires étrangères dans un courrier envoyé le 16 février 2024.

La prise en compte des questions de santé et de droits progresse au niveau international

À partir du 14 mars 2024, la Commission des stupéfiants des Nations unies se réunira à Vienne notamment pour faire le bilan à mi-mandat de la déclaration ministérielle de 2019 sur les politiques internationales des drogues. Or, depuis cinq ans, de nombreuses voix s’élèvent pour que les questions de droits fondamentaux et de santé soient enfin prises en compte.

Pourtant, la France semble décidée à ignorer ce changement. Dans sa déclaration devant le Conseil des droits de l’homme le 5 février dernier, la représentante française a ainsi mis en avant une approche semblant ignorer totalement la question des droits humains qui était pourtant à l’ordre du jour.

En effet, en août 2023, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a rendu un rapport pointant du doigt les conséquences dramatiques sur les droits humains des politiques répressives. Il appelle notamment à mettre fin à la peine de mort en matière de stupéfiants, à favoriser l’accès aux soins et aux outils de réduction des risques et à dépénaliser la simple consommation. Autant de sujets que la France n’a pas abordés lors de sa déclaration du 5 février.

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