Par Fabien Deglise / Le Devoir

À l’autre bout du fil, le timbre de la voix est grave, mais le propos, lui, l’est beaucoup moins. « On avait beaucoup de craintes, mais finalement, il ne s’est rien passé, précise André Voyer, capitaine aux enquêtes de la police de Mascouche. En fait, le cannabis n’a pas vraiment été un enjeu important pour nous dans la dernière année ».

Pas un enjeu ! Émis depuis cette petite ville de banlieue du nord-est de Montréal, la mise en perspective et le caractère peu spectaculaire du bilan tranchent avec le vent de panique que l’entrée en vigueur de la légalisation du cannabis à des fins récréatives a fait souffler sur le Québec, il y a un an jour pour jour.

On s’en souvient : Mascouche était alors sur la ligne de front, comme une centaine d’autres municipalités de la province, qui ont fourbi les armes et adopté des règlements municipaux plus restrictifs que la loi fédérale afin de se protéger d’un fléau que la fin d’un siècle de prohibition allait déclencher : des consommateurs de cannabis partout dans les parcs, des jeunes sous influence dans les rues, des automobilistes intoxiqués par la substance un volant dans les mains, des employés absents en raison de leurs abus d’herbe, des nuages de fumée sur les balcons des condos…

Et pourtant, depuis le 17 octobre 2018, premier jour de la légalisation, Mascouche a sanctionné 2 adultes pour possession de plus de 30 grammes de cannabis, soit la limite légale, 2 mineurs avec plus de 5 grammes en poche et 1 citoyen possédant un plant de pot chez lui. « Avant la légalisation, c’était bien plus que ça », fait remarquer M. Voyer.