Le Centre de Prise en charge Intégrée des Addictions de Dakar a été inauguré à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida en présence des autorités médicales, administratives mais aussi d’acteurs de la société civile.

La cérémonie a commencé par une projection de film réalisé par la Commission Ouest Africaine sur les Drogues et qui montre l’impact du trafic de drogues dans la région ouest africaine. Ensuite, le Directeur de l’hôpital de Fann, le Représentant de la Mairie de Paris, le Représentant d’ESTHER, le Représentant de l’ONUDC  au Sénégal et le représentant du CILD ont, tour à tour, pris la parole pour magnifier l’ouverture de ce centre, le premier du genre en Afrique de l’Ouest.

Ils sont tous revenus sur l’importance de requalifier l’usage de drogue comme une maladie et les consommateurs comme des patients à accompagner et à soigner.

Pour une réduction des risques de contamination liés au VIH

Le centre a, entre autres objectifs, la  réduction des risques de contamination liés à la consommation de drogues. Il convient de rappeler que le lien entre usage de drogue et infection se pose surtout dans l’usage de drogues intraveineuses. Ainsi 9,4 % des usagers de drogue par injection sont porteurs du VIH.

"Le centre va offrir aux personnes souffrant d'addictions des soins, des traitements de substitution pour favoriser la réduction de la consommation de drogue, améliorer leur situation sanitaire, sociale, psychiatrique, prévenir les risques de contamination virale VIH et hépatites et favoriser la réinsertion sociale, familiale et professionnelle", a poursuivi le Directeur du Chu de Fann.

La mise en place d’un dispositif s’imposait dès lors pour réduire les risques de contamination tout en procurant les soins nécessaires en allégeant, voire en éradiquant la dépendance. C’est ainsi qu’est né ce centre, fruit d’un partenariat entre l’Etat du Sénégal, le Fonds Mondial, ESTHER, la Mairie de Paris et l’ONUDC. L’implication de ces différentes entités est, comme l’a déclaré Dr Safiatou THIAM, Secrétaire Exécutive du Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS), « un apport concret à la politique multisectorielle de lutte contre le sida ». Le CEPIAD signifie selon elle « la fin des nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés  les usagers de drogue et surtout la réduction des risques de contamination ».

Ensuite, le Ministre de la santé a pris la parole et a félicité tous les partenaires qui se sont investis pour la réalisation de ce centre qui est le premier du genre en Afrique de l’Ouest. Elle a, en substance, souligné l’aide qu’il est nécessaire d’apporter aux usagers de drogue en leur tendant une main secourable à travers la mise sur pied de ce centre sans manquer de dénoncer les dégâts causés par le trafic international de drogue.

Le CEPIAD, par ailleurs, au-delà des soins et de l’assistance fournie aux personnes dépendantes de la drogue dans le respect des droits humains se veut aussi un dispositif destiné à la recherche sur les addictions. Son équipe est constituée de médecins, d’addictologues, de spécialistes en pathologie VIH, d’infirmiers, biologistes et d’intervenants communautaires.

Après les discours, le Ministre de la Santé et de l’Action sociale a procédé à l’inauguration qui est ensuite suivie d’une visite des locaux du Centre et de l’exposition des activités de l’Association Sénégalaise de Réduction de Risques infectieux (ASRDR), la première association spécialisée en réduction des risques en Afrique de l’ouest et qui continue à jouer un rôle capital auprès des groupes vulnérables.

Dr Idrissa BA, Coordinateur Technique, Président de l’ASRDR

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