Par Le collectif #STOP1921 / Le Soir

Ce 24 février 2020, la « loi concernant le trafic des substances vénéneuses, soporifiques, stupéfiantes, psychotropes, désinfectantes ou antiseptiques » fête son 99e anniversaire. Ce texte définissait une politique en matière de drogues visant notamment à limiter l’usage problématique de drogues et ses conséquences sanitaires et sociales. Près d’un siècle plus tard, elle est toujours à l’ordre du jour.

Dans le contexte de l’époque, au tout début de la prohibition de l’alcool aux États-Unis, il est relativement compréhensible que le législateur ait opté pour une approche répressive, pensant qu’il serait possible d’éradiquer un comportement jugé indésirable. A l’époque en effet, l’offre en substances illicites n’était pas aussi diversifiée qu’aujourd’hui, et les connaissances scientifiques en matière d’addictions et de criminologie étaient nettement moins développées. Il semblait donc permis d’espérer voir éclore un monde sans drogues.

Un échec cuisant
Cependant, près d’un siècle plus tard, tout a évolué dans ce domaine, sauf ladite loi, dont on ne peut que constater l’échec cuisant, comme celui, du reste, de la prohibition de l’alcool aux États-Unis. Malgré un investissement massif dans l’approche répressive, la production, le trafic et la consommation de drogues se sont considérablement développés, prenant une telle ampleur qu’ils peuvent être considérés comme un enjeu géopolitique majeur, avec des conséquences sanitaires et sociales catastrophiques. Le trafic est aux mains des mafias, riches d’un monopole à l’image de pratiques commerciales totalement dérégulées.