Par Dr Caitlin Hughes / Professor Adam R Winstock
Traduction de Joseph Leca

Être arrêté avec de la drogue peut représenter un très mauvais moment dans la vie de quelqu'un. Avoir un casier judiciaire pour possession de stupéfiants peut ruiner une carrière ou mettre-à-mal des opportunités. Par ailleurs, cela représente pour les services de police et les tribunaux un investissement important en temps et en argent, alors même que les bénéfices demeurent incertains.

A ce problème s'ajoute l'application injuste des lois dédiées au sein des cultures présentant un biais racial significatif. A titre d'exemple, l'organisation britannique Release et la London School of Economics ont récemment publié un rapport,  « The Colour of Injustice: ‘Race , drugs and law enforcement in England and Wales » (La couleur de l'injustice : la « race », les drogues et le maintien de l'ordre en Angleterre et au Pays de Galles), démontrant notamment que les personnes noires étaient contrôlées par la police pas loin de neuf fois plus que les personnes blanches. Malgré un taux plus faible d'usagers du cannabis parmi les personnes noires, ces dernières sont condamnées pour possession à hauteur de 11,8 fois plus que les personnes blanches.

Il apparaissait depuis longtemps comme vraisemblable que l'approche policière quand aux usagers des drogues s'exprimait différemment selon les pays du monde, et que la façon dont la police traitait les individus avait des répercussions non seulement sur la santé publique, les droits de l'homme et la justice, mais également sur la façon qu'ont les populations de considérer et de faire confiance à leur police. Nous n'avions cependant pas de moyen de le prouver formellement... jusqu'à maintenant.

Dans le cadre du Global Drug Survey (GDS) (Enquête Internationale sur les drogues) de 2017nous avions inclus pour la première fois un module d'enquête sur la gestion par les forces de l'ordre  des affaires liées aux produits stupéfiants. Les résultats ont témoigné d'une large diversité d'approches et de situations, selon la situation géographique des participants à l'enquête. Par exemple, les interpellations visant à contrôler la consommation de produits stupéfiants avaient 4,8 fois plus de chance d'intervenir en Italie ou en Écosse qu'en Nouvelle- Zélande.