Un article très documenté, publié dans le New York Times, décrit la politique des drogues développée par le Portugal comparée à la politique menée jusqu’ici par les Etats-Unis et en tire les leçons qui s’imposent.

Décriminaliser l’usage de drogues et déployer simultanément un plan de santé publique ont permis au Portugal de stopper une crise sanitaire sans précédent, avec une diminution progressive des décès liés aux overdoses, au sida et aux hépatites avec une amélioration de la prise en charge des usagers et une évolution de l’image des drogues dans l’opinion. Concernant l’évolution de la prévalence des usages dans le pays, dont on aurait pu craindre qu’elle augmente avec la décriminalisation, d’après les données du Ministère de la santé portugais, au moment de la mise en place de cette politique de santé publique, on dénombrait 100 000 usagers d’héroïne, contre 25 000 aujourd’hui.

Par ailleurs, la mortalité attribuable à l’usage de drogue y est la plus faible d’Europe de l’ouest. Elle est dix fois moins importante qu’en Allemagne ou au Danemark et quinze fois moins importante qu’aux Etats-Unis, où 64 000 décès par overdoses ont été enregistrés en 2016, soit autant de morts qu’en ont faits, à elles toutes, la guerre du Vietnam, la guerre en Iraq et la guerre en Afghanistan. A titre indicatif, précise l’auteur de l’article, atteindre, aux Etats-Unis, le même taux de mortalité lié aux drogues que celui du Portugal reviendrait à sauver une vie toutes les dix minutes.