Un article du Lancet propose une lecture de la 1ère Guerre Mondiale comme une période décisive pour le contrôle des drogues et de l’alcool à l’échelle mondiale, période dont la portée se ressentirait encore aujourd’hui. On y apprend notamment que la délivrance de morphine et la cocaïne firent l’objet de contrôles plus serrés pendant la guerre, dans l’intérêt des soldats, pour les prémunir de la folie. Un même élan de contrôle se manifesta en Angleterre pour les importations et exportations de morphine.

Alors que la période d’avant-guerre se caractérisait par une grande difficulté des pays à légiférer sur la question des usages et de la circulation de l’opium, la guerre a quant à elle levé la difficulté en instaurant un contrôle à l’échelle mondiale.

Si l’alcool ne fut pas l’objet d’une convention internationale, un Central control board vit en 1915 le jour en Grande-Bretagne, avec notamment pour principale mission la régulation des consommations d’alcool et du trafic de spiritueux au sein des unités militaires clés et des forces navales. Il en vint finalement à assurer cette régulation dans le pays tout entier.

Bien que cette forme centralisée de contrôle de l’alcool se soit essoufflée après-guerre, certains acquis ont perduré, dont les principes de réduction des risques sous-jacents qui continuent d’animer les autorités sanitaires. Aux Etats-Unis, la régulation de la circulation de l’alcool donna lieu à la prohibition en 1920, levée en 1929 mais qui modifia en profondeur les modes de consommations.

Source : Virginia Berridge, "Drugs, alcohol, and the First World War", The Lancet, Volume 384, Issue 9957, Pages 1840 - 1841, 22 novembre 2014