Par Scholten, W., Simon, O., Maremmani, I., Wells, C., Kelly, J., Hämmig, R., et Radbruch, L. 

Les sociétés professionnelles European Pain Federation, International Association for Hospice and Palliative Care, International Doctors for Healthier Drug Policies, World Federation for the Treatment of Opioid Dependence, Collège Romand de Médecine de l’Addiction et Société Suisse de Médecine de l’Addiction ont invité les revues médicales à s’assurer que leurs auteur·e·s recourent à une terminologie neutre, précise et respectueuse quand il est question de l’usage de substances psychoactives. Il a déjà été démontré que le langage peut favoriser la stigmatisation et que la stigmatisation peut décourager les demandes de soin et affaiblir les politiques sociales et de santé publique. Dès lors, l’objectif d’utiliser une terminologie appropriée, épurée des mots qui véhiculent des connotations négatives, devrait s’étendre à toutes les personnes à qui l’on prescrit des médicaments contenant des substances psychoactives placées sous contrôle international (médicaments sous contrôle). Il faudrait éviter aussi de se focaliser exclusivement sur quelques termes et les seules communications médicales. La convenance d’un mot n’est pas absolue et varie de fait d’une culture et d’une région à une autre et au fil du temps ; c’est pourquoi il importe à chaque communauté linguistique qu’elle établisse son propre consensus sur ce qui est “neutre”, “précis” et “respectueux”. Nous avons identifié 23 termes problématiques – nous suggérons d’en éviter la plupart – et proposé pour chacun d’eux une ou plusieurs alternatives. L’usage d’un langage approprié améliore la qualité scientifique des publications. Il contribue au meilleur traitement dans le cadre de politiques gouvernementales sur les substances psychoactives fondées sur les connaissances les plus récentes.