Moderniser les interventions de maintien de l’ordre dans le domaine de la drogue: Rapport 2

L’étendue considérable de la criminalité et des économies illicites engendre de multiples menaces, parfois intenses, contre les Etats et les sociétés ; des menaces contre leur sécurité de base, mais aussi contre leurs intérêts économiques, juridiques et environnementaux. Des niveaux élevés de criminalité, en particulier la violence criminelle, ont tendance à saper les efforts de maintien de l’ordre, le capital social et la capacité organisationnelle de la société civile et son aptitude à résister à la criminalité organisée. Dans un contexte de faiblesse étatique aiguë, où les institutions étatiques sont sous-développées et vulnérables, des objectifs tels que la suppression complète de la criminalité organisée peuvent être irréalisables. Cependant, même dans les pays dotés de solides institutions de maintien de l’ordre, les interventions visant à faire baisser le taux de criminalité, en particulier les crimes transactionnels tels que le trafic de drogue (par opposition aux crimes contre la personne, tels que les homicides), n’ont pas toujours portés leurs fruits et ont eu des effets non-désirés, tels que des violations des droits humains et des libertés civiles et une surpopulation dans les prisons.

Les approches de tolérance zéro contre la criminalité, qui sont devenues populaires dans le monde entier depuis les années 1980, se sont souvent avérées problématiques. Elles ont produit des résultats très inégaux et souvent augmenté les cas de brutalité policière. En Les facteurs qui influent sur le niveau d’efficacité des stratégies de dissuasion ciblée et de suppression sélective comprennent le contexte politique, la qualité préexistante des renseignements et de la capacité de maintien de l’ordre par le gouvernement, la capacité du gouvernement à concentrer les ressources nécessaires, l’ampleur de la criminalité, la complexité et la répartition du pouvoir au sein des marchés criminels et la structure des groupes criminels. Il est essentiel de surveiller attentivement l’efficacité et les effets secondaires de ces stratégies, bien que cette évaluation puisse présenter des problèmes importants en termes d’extrapolation et de validité. particulier, dans les contextes où les institutions de maintien de l’ordre sont faibles et la criminalité élevée, la plupart des approches de tolérance zéro ne sont pas parvenues à réduire la criminalité, et ont au contraire engendré de nouveaux problèmes. L’attribution des ressources à des programmes essentiellement répressifs se fait souvent au détriment du financement des interventions d’investigation. Enfin, le manque de hiérarchisation des crimes et des groupes criminels détourne souvent la police des infractions les plus graves et les plus violentes et des groupes criminels les plus dangereux.

Ce rapport présente tout d’abord la logique et les problèmes relatifs à une approche de « tolérance zéro » et de ciblage indifférencié dans les politiques de maintien de l’ordre. Il expose par la suite les principaux concepts théoriques des stratégies de dissuasion ciblée et de ciblage sélectif et passe en revue certaines de leurs applications, comme l’Opération Cessez-le-Feu (Operation Ceasefire) à Boston dans les années 1990 et les opérations de police de proximité à Rio de Janeiro dans les années 2000.Troisièmement, le rapport analyse les défis liés à la mise en oeuvre des stratégies de ciblage sélectif et de dissuasion ciblée, en particulier en dehors des Etats-Unis. Enfin, il examine les principaux dilemmes liés à la conception des stratégies de ciblage sélectif et de dissuasion ciblée pour lutter contre la criminalité.

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