Par Gabrielle Maréchaux / RFI

Alors que les activités dans le monde entier étaient suspendues par la pandémie de coronavirus, en Asie du Sud-Est ni le trafic de drogue ni les jugements condamnant ce délit - souvent par la peine de mort - n’ont eux diminué. Aussi, les questionnements se font de plus en plus nombreux sur la sévérité extrême des justices de la région qui ne semblent ni dissuasives ni proportionnées. 

C’est un homme qui a pour l’instant la vie sauve grâce au coronavirus. Ce mercredi 10 novembre 2021, Nagaenthran Dharmalingam, un Malaisien souffrant d’un handicap mental était censé être pendu, onze ans après avoir été arrêté à l’aéroport de Singapour avec trois cuillères à soupe d’héroïne cachées sur lui. Mais onze heure avant la date prévue de son dernier souffle, un test positif au Covid-19 a suspendu son exécution, jusqu’à nouvel ordre. 

Si 43 grammes d’héroïne ont pu signer l’arrêt de mort de Nagaenthran, l’année dernière, c’est pour 28 grammes que fut condamné un autre Malaisien, via une audience sur Zoom de la justice singapourienne. C’est aussi via écran interposé, qu’en avril dernier, 13 hommes étaient condamnés à mort en Indonésie, toujours pour trafic de drogue. Le mois dernier enfin, en Malaisie, c’était au tour d’une mère célibataire de neuf enfants d’entendre son arrêt de mort au tribunal pour cette fois-ci 114 grammes de méthamphétamines.

Parmi les dix membres de l’Asean, huit peuvent toujours punir de peine de la peine capitale la possession et le trafic de stupéfiants. Et si les Philippines ont, elles, aboli la peine de mort, cela n’a pas empêché son président Rodrigo Duterte de mener une guerre sans pitié contre la drogue, au cours de laquelle 6 000 exécutions sommaires des forces de l’ordre aurait eu lieu selon les chiffres des autorités, jusqu’à 20 000 selon certains experts.