La seule prohibition a montré toutes ses limites. Dans une tribune au « Monde », le chercheur Khalid Tinasti estime que la France mérite un débat national sur les conséquences des mauvaises politiques antidrogues et de cinquante ans de « débrouille » des autorités face à leurs échecs.


Tribune. Dès l’année 2008, l’ONU a reconnu que le système mondial de contrôle des drogues actuel, basé sur l’adoption nationale de la répression et de « la guerre aux drogues », a créé des conséquences négatives majeures et inattendues. La mère de ces conséquences est le marché illégal lui-même, qui existe à cause de la prohibition de la production, de la vente ou de la consommation des drogues.

Si l’alcool avait été classé substance addictive et dangereuse à la sortie de la seconde guerre mondiale, il aurait certainement un marché illégal important et incontrôlable aujourd’hui. Celui des drogues illégales est estimé à un chiffre d’affaires annuel de 500 milliards de dollars bénéficiant en priorité au crime organisé.

Le système de contrôle des drogues a également eu comme résultats des déplacements budgétaires et géographiques problématiques. Dans presque tous les pays, la priorité budgétaire est donnée à la riposte coercitive, aux dépens de la santé publique ou des affaires sociales.