Le marché du dark web poursuit son expansion. Si l’on en croit The Economist qui lui consacrait plusieurs pages en juillet dernier, il devient le fournisseur officieux d’une proportion de plus en plus importante d’usagers de drogues aux Etats-Unis : ils étaient 8 % à y avoir eu recours en 2014 contre 15 % en 2016. Le magazine a extrait les données issues de 1,5 téraoctets d’information pour près de 360 000 transactions entre décembre 2013 et juillet 2015 sur les sites Agora, Evolution et Silk road 2 et dégagé quelques tendances. L’ecstasy apparaît à l’analyse comme la drogue la plus lucrative, le cannabis la plus populaire avec près de 38 000 transactions. L’une des données les plus frappantes selon le magazine est le prix pratiqué sur le dark web : le gramme de cocaïne y revient en moyenne deux fois plus cher que dans la rue. L’Australie fait toutefois doublement exception avec des prix astronomiques, plus encore pour les drogues de rue. Outre les coûts liés au conditionnement des paquets et à l’envoi qui font augmenter les prix de vente jusqu’à 28 %, la drogue en ligne y est de meilleure qualité : sur un marché très compétitif les fournisseurs n’ont d’autres choix que de recueillir un maximum de commentaires positifs sur leurs produits. Ainsi d’après une étude réalisée par le think tank espagnol Energy Control sur deséchantillons de substances issues du darkweb, la cocaïne présentait notamment un degré de pureté de 71,6 %contre 48 % pour la cocaïne de rue. Le plus souvent, le service client est soigné sur le dark web,un commentaire positif sur la transaction pourra être salué par un « extra » lors d’une transaction future. Cependant les acheteurs n’en sont pas pourautant d’une fidélité sans faille, fréquenteront plusieurs acheteurs en ligne simultanément et n’hésiteront pas à naviguer d’un site à l’autre si les chosestournent mal. Quant aux barons de la drogue, ils semblent peu intéressés par le dark web, par crainte de perturber leur chaîne d’approvisionnement bien rodée. D’ailleurs, leurs compétences traditionnelles - l’intimidation, l’agressivité, la violenceet la contrebande - sont inutiles sur le marché des drogues en ligne. Plutôt conservateurs, ils l’emportent toutefois sur les quantités de drogue qu’ils sont en capacité de déplacer, qui se calculent en tonnes, pas en kilogrammes…

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