L’approche prédominante en matière de contrôle des drogues, adoptée dans le monde entier, fait usage de réponses pénales répressives aux dépens des droits humains et de la santé publique – les ressources disponibles étant principalement consacrées à la police, aux juges, aux procureurs et aux prisons. Aujourd’hui, plus de personnes que jamais sont emprisonnées pour production, trafic, vente ou consommation de drogues. Et pourtant, les problèmes persistent : aujourd’hui, il y a plus de producteurs et de consommateur de drogues dans le monde que par le passé. L’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) a ouvertement identifié un certain nombre de « conséquences négatives non désirées » de la « guerre contre la drogue », parmi elles les graves violations des droits humains directement liées à la criminalisation et à la stigmatisation des usagers de drogues et des personnes vulnérables impliquées dans la production et le trafic de drogues.

Les politiques des drogues en vigueur en Afrique restent très répressives, générant une marginalisation généralisée des usagers de drogues en les considérant comme des criminels, des « toxicomanes » moralement faibles et/ou des parias. D’autre part, les personnes ayant commis des délits mineurs et non violents liés à la drogue représentent généralement la majorité des individus aux prises avec la justice pénale. Cette approche a souvent exacerbé les violations des droits humains, telles que les mauvais traitements et l’extorsion auxquels se livre la police, l’emprisonnement de masse et les détentions arbitraires, dans de nombreux cas sans instruction ni procès en bonne et due forme. Ces dernières années, au Ghana, au Libéria et en Sierra Leone, les médias ont révélé des cas d’usagers de drogues ayant été tués ou blessés par des fonctionnaires de police lors de perquisitions. Il est urgent que l’Afrique remédie à ces problèmes.

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