Les agences chargées d’appliquer les lois – telles que la police – sont un élément majeur du système de justice pénale. Depuis des décennies, leurs efforts ont visé à réduire la taille du marché illicite des drogues en éradiquant la production, la distribution et la vente de drogues. Ces stratégies ont mené à la destruction de cultures destinées au marché illicite par la pulvérisation aérienne ou des campagnes d’éradication manuelle, la saisie des drogues aux frontières, la perturbation des activités de trafic et de deal et la menace d’arrestation ou de sanctions à l’égard des consommateurs de drogues.

Cette stratégie de « guerre contre la drogue » n’a pas été à même de réduire de manière significative l’ampleur du marché illicite ou la prévalence de la consommation de drogues. Ces stratégies ont également eu des conséquences dévastatrices, incluant des exécutions extra-judiciaires et autres violations des droits humains, une augmentation du recours à la violence, de la corruption et des délits financiers, une exacerbation de la pauvreté dans les zones de production, la destruction de l’environnement, et l’explosion des dommages à la santé.

En conséquence, certaines autorités se sont aujourd’hui tournées vers une meilleure gestion des marchés illicites, au lieu d’une répression à tolérance zéro, de manière à minimiser les risques et les dommages sur les communautés touchées. De tels changements reconnaissent que les activités en matière d’application de la loi peuvent être utilisées pour façonner les marchés des drogues. Cette nouvelle approche implique:

  • Un changement des objectifs et des indicateurs en se distançant du nombre d’arrestations, de saisies et d’hectares de cultures éradiqués, pour se tourner vers des indicateurs de santé communautaire et de bien-être : réduction de la violence et de la corruption liées au marché des drogues, améliorations dans l’accès aux services de santé et au développement économique, et renforcement des institutions communautaires
  • Une stratégie centrée sur des renseignements poussés et une analyse de la nature du marché des et des risques qui y sont liés, de manière à centrer les activités de maintien de l’ordre sur les aspects les plus dangereux du marché (en adoptant une approche de « réduction des risques » dans le domaine de l’application des lois). Cela signifie que les formes moins dangereuses des marchés devront être tolérées. Dans certains cas, cela impliquera l’utilisation de stratégies de dissuasion ciblée pour façonner le comportement des trafiquants et des dealers
  • Mettre la priorité sur des actions à l’encontre des individus et des groupes les plus dangereux et importants dans le marché, plutôt que contre les « personnes les plus faciles à appréhender » (c’est à dire les consommateurs de drogues et les petits dealers).

L’IDPC participe à un projet intitulé « Moderniser les interventions de maintien de l’ordre dans le domaine de la drogue », qui vise à développer des matériaux théoriques et des exemples de nouvelles approches en matière d’application des lois, de même qu’à promouvoir un débat parmi les dirigeants politiques dans le domaine du maintien de l’ordre.