Contexte

En juin 2014, la “Commission sur l’Impact du Traffic de Drogues sur la Gouvernance, la Sécurité et le Développement en Afrique de l’Ouest” – ou, en plus court, la Commission Ouest-Africaine sur les Drogues – a lancé un rapport innovant pour la région : Pas seulement une zone de transit : drogues, état et société en Afrique de l’Ouest. Ce rapport phare représente 18 mois de travail de recherche et de sensibilisation de la Commission, et analyse la situation en matière de trafic et d’usage de drogues en Afrique de l’Ouest. Le rapport offre également une série de recommandations fondées sur de preuves scientifiques concernant les politiques des drogues dans la région.

Destruction de cannabis saisi en Côte d’Ivoire | Photo: AFP/Issouf Sanogo

Le rapport appelle les gouvernements et autres parties prenantes dans la région et au-delà, à: 

  1. conséquences socio-économiques, plutôt que de le confier à la justice pénale ;
  2. Affronter énergiquement les problèmes politiques et les problèmes de gouvernance qui incitent à la corruption au sein des gouvernements, des services de sécurité et de l’appareil judiciaire, et que les trafiquants exploitent ;
  3. Elaborer, réformer et/ou harmoniser les législations sur les drogues en se fondant sur les
  4. normes minimales existantes ou en cours d’élaboration, et poursuivre la décriminalisation de l’usage de drogues et des infractions mineures et non-violentes ;
  5. Renforcer les dispositifs d’application de la loi à des fins de dissuasion plus sélective, ciblant en priorité les hauts responsables du trafic ;
  6. Éviter la militarisation des politiques sur les drogues et des mesures de lutte contre le trafic : certains pays d’Amérique latine ont opté pour cette solution, appliquant à grands frais une politique qui n’a pas permis de réduire l’offre ;
  7. Faire en sorte que la responsabilité partagée des pays de production, de transit et de consommation débouche sur des stratégies opérationnelles, notamment un échange d’expérience entre les dirigeants des pays touchés en Afrique de l’Ouest et ailleurs ;
  8. Adopter une gestion équilibrée de l’aide extérieure, en allouant des ressources aussi bien aux domaines de la sécurité et de la justice qu’au secteur de la santé publique, en particulier concernant la prise en charge et la réduction des risques ;
  9. Investir dans la collecte de données de référence (y compris par des sondages d’opinion auprès des populations) et dans la recherche relative au trafic et à l’usage de drogues.

Description du projet

Grâce à un financement d’USAID, la Fondation Kofi Annan et l’IDPC travailleront aux côtés de la Commission Ouest-Africaine sur les Drogues en 2014-2015 pour diffuser le rapport et ses recommandations. Le projet assurera que ces recommandations soient adoptées grâce à une propagation stratégique, le renforcement des capacités et des activités de plaidoyer en Afrique de l’Ouest. Six visites de haut-niveau politique seront organisées, lors desquelles les commissionnaires rencontreront des responsables politiques, des personnalités de renom, des leaders d’opinion et des experts techniques. En parallèle, une série d’ateliers seront organisés afin de renforcer les capacités des organisations de la société civile et des journalistes de la région pour promouvoir de nouvelles politiques des drogues. Un soutien sera également fourni pour organiser des campagnes de sensibilisation de la société civile.

L’objectif de ce travail est de soutenir la conception et la mise en œuvre de politiques des drogues équilibrées et efficaces en Afrique de l’Ouest, fondées sur des preuves scientifiques – des politiques qui soient basée sur les principes des droits humains et de la sécurité humaine, l’intégration sociale, la santé publique, le développement et la participation de la société civile.

Actualités sur le projet