Les usagers de drogues sont souvent plus vulnérables que d’autres vis-à-vis des conséquences négatives liées à la drogue telles que la transmission du HIV et des hépatites B ou C. Le partage d’un même équipement d’injection entre plusieurs usagers de drogues constitue, pour le VIH, la voie de transmission la plus facile. Cela a conduit à une expansion rapide de l’épidémie du VIH parmi les personnes injectant de la drogue.

Selon les estimations actuelles, environ 15.9 millions de personnes injectent de la drogue dans le monde. Par ailleurs, près de 10% des infections de VIH sont causées par l’injection de drogues, ce qui signifie qu’environ 3,3 millions d’usagers de drogues injectables seraient séropositifs. Les femmes, les jeunes, les SDF, les nouveaux usagers de drogues injectables et les prisonniers sont les plus vulnérables au virus du HIV (en savoir plus). 

« La réduction des risques » se réfère à la mise en œuvre de politiques et de programmes visant à réduire les risques économiques, sociaux et sanitaires associés à l’usage de substances psychoactives légales et illégales. Ce concept est fondé sur la santé publique et la protection des droits humains, et implique une approche pragmatique et impartiale pour résoudre les problèmes liés à la consommation de drogues. Il est donc nécessaire de reconnaître que la réduction totale des marchés de la drogue et de son usage n’est pas l’objectif le plus important des politiques en matière de drogue.

Une série d’interventions entre dans la catégorie de la réduction des risques liés à la drogue :

  • la diffusion d’informations sur la manière de réduire les risques associés à la consommation de drogues (souvent par le biais d’activités de sensibilisation dirigées par des pairs),  
  • la mise en place de services visant à augmenter la sécurité des usagers de drogues tels que des programmes d’échange d’aiguilles et de seringues et des lieux d’injection sécurisée, ainsi qu’une gamme d’options pour le traitement de la dépendance à la drogue.

Les démarches pour réduire les risques visent par ailleurs à modifier les lois, régulations et politiques qui augmentent ces risques ou qui nuisent à la création et à l’efficacité des interventions de réduction des risques et des services de santé pour les usagers de drogues.

Au cours des années 1980, des démarches pour réduire les risques liés à la drogue ont été adoptées par quelques communautés et un certain nombre de gouvernements afin de répondre à l’épidémie croissante de VIH parmi les usagers de drogues. Aujourd’hui, la réduction des risques est employée dans 93 pays et territoires à travers le monde.

Malgré cette reconnaissance mondiale du concept de réduction des risques, le terme reste controversé dans certains forums internationaux. Bien que ce concept soit approuvé par de nombreuses agences bilatérales et multilatérales (par exemple, l’ONUSIDA et le Conseil des Droits de l’Homme), aucun consensus n’a encore été atteint au sein de la Commission des Stupéfiants de l’ONU et ce concept a d’ailleurs été omis dans la nouvelle Déclaration Politique sur la Drogue de 2009. 26 Etats ont officiellement exprimé leur opposition à cette omission, et ont déclaré qu’ils interpréteraient le concept de « services de soutien associés » utilisé dans le document comme signifiant « réduction des risques ». En Mars 2010, au terme d’un débat considérable, la Commission des Stupéfiants a à nouveau refusé d’employer l’expression « réduction des risques » dans sa résolution sur l’accès universel aux services de soin du Sida. D’autres agences de contrôle des drogues, et notamment l’OICS, ont été – et continuent d’être – particulièrement restrictives dans leur compréhension de ce concept et dans leur interprétation de la légalité de certaines des pratiques associées à la réduction des risques liés à la drogue. L’ONUDC a d’autre part cherché à élargir le concept pour y inclure les mesures de maintien de l’ordre et, en le rendant trop inclusif, l’a virtuellement dépourvu de tout sens.