Le gouvernement mène actuellement d’importantes réformes du droit du travail, de l’apprentissage, du logement ou de la politique de la ville pour répondre de manière cohérente aux urgences sociales structurelles posées aux populations les plus fragiles dans les quartiers sensibles et les zones périurbaines ou rurales. Or ces mêmes personnes sont exposées à une prévalence d’usage des drogues plus importante que le reste de la population. Elles sont donc plus largement victimes d’une concentration des mesures coercitives contre cet usage, ainsi qu’aux méfaits liés au trafic des drogues.

En même temps, le gouvernement ouvre le débat sur la contraventionnalisation de l’usage des drogues. Cette réforme est différente de celles évoquées plus haut, puisqu’elle ne répond pas aux besoins réels de la société. Elle ne donne pas les moyens nécessaires pour réduire la demande et l’offre des drogues illégales, et ne garantira pas plus de sécurité pour les citoyens, ni d’équité ou d’égalité dans l’accès à la justice pour les personnes usagères.

De plus, cette réforme recroquevillée sur la forfaitisation du primo-usage du cannabis laisse de côté la majorité de l’usage des drogues, et n’est ni innovante ni moderne. D’une part, cette discussion a déjà eu lieu sous le gouvernement Jospin en 1999. De l’autre, les pays européens voisins ont déjà adopté une politique similaire, voire plus ambitieuse, il y a des décennies, avec des résultats mitigés. En particulier, elle n’a que peu réduit la charge de travail des policiers, ce qui est le but premier de cette réforme.

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