Des acteurs du secteur public et partenaires de la société civile engagés dans la lutte contre le sida participent cette semaine à un atelier de travail d’une semaine à l’hôtel Gold Crest, Quatre-Bornes. Cette initiative du National AIDS Secretariat s’inscrit dans un souci d’« améliorer nos prestations à tous les niveaux à l’égard des patients », explique la responsable du NAS le Dr Amita Pathack. La rencontre a été rendue possible grâce au concours du United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC), d’où la présence du Dr Reychad Abdool et de deux experts américains, Richard Needle et Barrot Lambdin. « Maurice investit massivement dans la lutte contre le sida, nommément dans les prestations et services offerts aux Personnes vivant avec le VIH (PVVIH) », explique le Dr Reychad Abdool, conseiller régional senior VIH/sida pour l’Afrique au UNODC. « Les résultats tardent cependant à suivre. Il doit donc y avoir des bottlenecks, des obstacles, qui entravent le travail et les efforts engagés dans ce secteur et ce, à différents niveaux. C’est dans cette perspective que le NAS et nous organisons cet atelier de travail sur le “operational research & implementation science”. »

Outre le Dr Reychad Abdool, Richard Needle, Senior Public Health Advisor américain siégeant au PEPFAR (US President's Emergency Plan for AIDS Relief), et Barrot Lambdin, directeur d’Implementation Science à la Pangaea Global AIDS Foundation et Affiliate Assistant Professor à l’Université de Washington au département Global Health, animent cet atelier de travail d’une semaine. « Nous avons aussi prévu pour les deux experts américains une descente sur le terrain. Nous espérons pouvoir les amener à rencontrer les personnes impliquées dans les programmes de réduction de risques, comme l’échange de seringues et le traitement à base de méthadone », explique le Dr Abdool. Pour lui, « ce qui est intéressant, c’est que ces deux éminentes personnalités très rodées dans leur domaine, puissent rencontrer le personnel paramédical, les travailleurs sociaux et surtout, les bénéficiaires des programmes de réduction de risques… Cela permettra ainsi une meilleure évaluation sur le terrain des prestations offertes et nous amènera à cerner les failles et faiblesses qui entravent ces programmes. »

La responsable du NAS, le Dr Amita Pathack, abonde dans le même sens : « nous, Mauriciens, ne sommes pas suffisamment calés en termes de recherches dans ce secteur. De ce fait, nous avons besoin de l’expertise et des recommandations de professionnels, comme les trois personnes qui animent actuellement cet atelier de travail. »

Les mesures de réduction de risques dans le domaine de la toxicomanie et le VIH/sida sont récentes pour Maurice. Le programme de traitement à base de méthadone ayant démarré depuis novembre 2006 et celui du NEP (Needle Exchange Programme) ayant suivi peu après. Ce qui explique que le pays est assez novice en la matière.

« Maurice adhère totalement aux recommandations des Nations unies, soit aux neuf interventions préconisées dans un “comprehensive package” destiné aux PVVIH. Cela concerne non seulement les deux programmes de réduction de risques, mais aussi les autres prestations, comme dispenser les traitements et les ARV (antirétroviraux) », rappelle le Dr Abdool. Le but de l’atelier, ajoute-t-il, « est de familiariser autant les acteurs du secteur public que de la société civile qui sont engagés dans ces domaines. Durant cette semaine de travail, nous allons aborder les différents aspects de ce qu’est l’implementation science. Nous allons évaluer, ensemble avec ces acteurs, le fonctionnement des programmes et services ici et cerner les obstacles ».

Un rapport, semblable à un plan d’action, sera ensuite rédigé avec les grandes lignes des interventions recommandés. « Bien entendu, nous sommes conscients que le gouvernement ne pourra réaliser toutes les demandes qui seront formulées. Cependant, nous espérons que certaines des principales recommandations seront prises en considération et mises en application », souligne le Dr Abdool. Ce document, poursuit-il, établira un plan d’action « s’étendant sur un short-term basis, soit de six à 12 mois ». « Nous n’avons pas des visées utopiques ! Nous préférons une approche réaliste et réalisable. »

Parallèlement, le Dr Abdool et ses deux confrères américains se sont proposés pour « assurer un suivi et une évaluation régulière de ce que le document proposera ». « De cette manière, nous pensons pouvoir amener des résultats plus probants et rapides. » L’atelier de travail sur l’implementation science prend fin vendredi. Le ministre de la Santé Lormus Bundhoo, qui a procédé à l’ouverture officielle de la rencontre lundi matin, a par ailleurs rappelé que le National Strategic Framework sur le VIH/sida pour les quatre prochaines années, élaboré par le NAS avec le concours de la société civile, sera présenté très bientôt.